
Sur Ideos, une planète fantastique bouleversée il y a des siècles par un cataclysme, Malika est une jeune umi innocente du Désert de Verre. Armée de ses espoirs et ses rêves, elle décide de partir pour l’Axode, la ville cyclopéenne à la frontière de l’ombre et de la lumière. Par ce voyage, elle compte bien apprendre comment sauver son peuple de la désertification qui ronge son pays. Mais l’Axode est un endroit autrement plus dangereux que le désert éternel qu’elle a toujours connu.

Un univers vaste rempli de description et de détails avec trois personnages principaux profonds et travaillés.
À l’occasion du tome 2, j’ai décidé de relire le tome 1. Lors de ma première lecture j’avais eu beaucoup de mal avec le personnage de Malika, que je trouvais trop naïf, sensible, qui m’exaspérait beaucoup ! Mais lors de ma redécouverte du livre, je me suis surprise à aimer le personnage !
Dès les premières pages, on se glisse dans l’univers proposé par l’auteur qui est simplement magnifique, magique et fantastique. Retenir toutes les caractéristiques des différents genres d’habitants de l’axode qui ont tous des particularités bien définies, à partir d’un certain temps, ça devient normal de parler de Carnelins, Pragidus, Squameses et tant d’autres dont je vous laisse découvrir les autres catégories dans ces deux petits livres incroyablement complets.

Les trois personnages principaux sont totalement différents, viennent de milieux variés, j’ai beaucoup apprécié apprendre à les connaître eux et leurs passés respectifs. La relation qui les unis est assez atypique, Dieritz, un ancien truand et Rofen, un ancien égide (gardien) se prennent assez souvent la tête se qui a un côté assez drôle et parfois énervant parce qu’ils sont constamment en contradiction. Le livre possède des flashbacks qui permettent d’en apprendre plus sur les personnages.
La vie a toujours été violente,
qui que l’on soit, où que l’on soit,
quelle que soit l’époque.
Incarnae Dieritz

Malika est très naïve et innocente, ce qui la met très souvent dans des situations assez cocasses très drôles, ce n’est pas sa petite taille ni le fait qu’elle soit étrangère qui l’empêchera d’apprendre aux autres à être poli croyez moi ! Elle pense constamment que la violence n’a pas sa place dans le monde même lorsqu’il ne lui reste que ça comme alternative, elle ne s’avoue pas vaincue. Même s’il s’agit la d’une belle valeur, elle a souvent tord et ne veux pas ouvrir les yeux ce qui m’a légèrement agacé.

Dieritz est un personnage qui m’a énormément intéressée par son passé trouble et sombre avec le cartel. Il est toujours avec son air renfrogné et très impulsif surtout lorsqu’il s’agit de casser des têtes ! Malika et lui sont souvent en désaccord, car ils ont des points de vue sur le monde totalement différent.
Les péripéties s’enchainent dans le tome 1 alors que dans le 2 les choses se calment, on en apprend plus sur les personnages, l’univers et la trame sont complètement différents du premier tome, mais toujours aussi entrainants même si elle n’est pas remplie d’action. Quand on commence les livres, on a vraiment l’impression de commencer une série tellement on vit le quotidien à leurs côtés.
Le travail d’édition sur les deux tomes est vraiment bien ! Sachant que l’auteur réalise lui-même les illustrations et tout le contenu du livre. Le livre contient des illustrations des personnages, des différentes catégories d’Ybris (les créatures), mais aussi des parties dédier aux organismes qu’on rencontre pour nous aider a appréhender le mieux possible l’univers qu’il nous propose se qui est vraiment bien je trouve pour un livre aussi riche en nouveau vocabulaire.

Titre : Incarnae
Auteur : Benjamin Muspel
Édition : auto-édité
Nombre de page : 200
Interview de l’auteur sur les deux tomes de sa série incroyable !
Comment as-tu eu l’idée de créer l’univers ?
L’histoire a démarré il y a environ 10 ans avec une fresque que mon meilleur ami a réalisée dans mon salon, une illustration énorme de plus ou moins 8m de long pour 3m de haut (et qui grignote un peu le plafond en plus). Même si c’est lui qui l’a dessinée et peinte intégralement, nous en avons élaboré les idées fondamentales ensemble. La participation de mon ami s’arrête plus ou moins là, mais ce dessin est clairement le point de départ de l’univers d’Incarnae. Par la suite, j’ai voulu créer un jeu de rôle dans un univers bien à moi, juste parce que ça m’amusait et m’occupait. Et cette base graphique que j’avais sous les yeux tous les jours était parfaite pour cela ! De fil en aiguille, j’ai développé les canons de l’univers à partir de tout ce que j’aimais et d’idées que je trainais dans la tête depuis des années. Puis j’ai créé une campagne de dix scénarios et je l’ai faite jouer à des amis proches. Aujourd’hui, je serais incapable de dire à quel moment exact j’ai eu envie d’écrire l’histoire intégrale de cette campagne, d’en utiliser les personnages et les décors pour parler de thèmes qui me tiennent à cœur. Mais ce qui est sûr, c’est que ce projet est devenu une telle part de moi-même que je ne me vois pas m’arrêter en si bon chemin.

Un auteur t’inspire-t-il en particulier ?
C’est un peu cliché de le dire, mais il y en a vraiment trop pour n’en choisir qu’un ! Globalement, je reste beaucoup plus influencé dans mon travail par la BD et le cinéma que par la littérature (et je crois que ça se ressent fort pour un lecteur qui a plus l’habitude de lire des romans). Quand il s’agit de littérature, j’ai tendance à m’intéresser aux auteurs qui ont réussi à marquer l’histoire au point que le public considère leurs récits comme des chefs-d’œuvre (Isaac Asimov, Terry Pratchett, Franck Herbert, Marion Zimmer Bradley, etc). Pas parce que je me compare à eux (restons honnêtes !), mais parce que j’ai envie de comprendre ce qui fait que leur travail a traversé le temps. Cela dit, si je ne devais vraiment choisir qu’une seule influence qui a marqué mon travail à tout jamais, ce serait sans hésiter la série « The Wire » (« Sur écoute » en français).
Comment as-tu eu l’idée de mélanger tes deux passions, pour l’illustration et l’écriture pour créer ce projet ?
À la base, je ne comptais pas vraiment illustrer mon histoire moi-même. Quand j’ai commencé à écrire, j’étais dans une grosse passe à vide question dessin. Cela faisait des années que j’avais arrêté et j’étais revenu à un niveau très médiocre selon mes standards actuels. Ce n’est qu’à partir du moment où j’ai choisi l’autoédition que je m’y suis remis sérieusement, il y a environ 2 ou 3 ans. J’avais besoin d’une couverture et je n’avais pas les moyens de payer un dessinateur talentueux pour la réaliser. J’ai donc réappris à dessiner et j’ai fini par dépasser le niveau que j’avais à l’époque au bout de nombreuses heures de travail. Aujourd’hui, je me sens suffisamment confiant avec mon dessin pour ajouter des illustrations un peu partout dans mes écrits.
Tu as d’abord eu l’idée du jeu de rôle ou du livre ?
Le jeu de rôle. Vu que c’est la passion la plus ancienne qui m’anime, c’était la porte la plus naturelle à ouvrir pour commencer.
Les personnages sont très profonds et travaillés, t’inspires-tu de personnes réelles ? Comment les imagines-tu ?
Plus qu’inspirés de personnes réelles, ce n’est en réalité pas moi qui ai posé les bases des personnages principaux ! Comme je l’ai expliqué avant, l’histoire d’Incarnae est l’adaptation d’une campagne de jeu de rôle que j’ai faite jouer à mes proches. Les personnages, leur histoire, leurs réactions et leur apparence sont donc les leurs avant tout, même si j’ai pris soin de les adapter pour les rendre plus pertinents dans le contexte d’un roman. Les personnages de Malika et Dieritz sont ceux qui ont subi le moins de changements dans le fond. En comparaison, celui de Rofen a été quasi intégralement remanié puisque je n’ai conservé que la base graphique que son joueur avait donnée (il n’a malheureusement pu participer qu’à 2 scénarios sur 10). Tout ça fait que je peux annoncer sans spoiler que d’autres personnages principaux vont rejoindre la Guilde des Incarnés très prochainement ! Et je pense que celui qui apparaitra dans le tome 3 a de bonnes chances de devenir le préféré de beaucoup.
J’ai pu percevoir l’évolution entre les deux tomes, comment la perçois-tu ? Penses-tu encore évoluer par la suite ?
Le premier tome est très axé aventure/enquête pour mener à une lutte entre le bien et le mal, ce qui est plutôt classique dans la littérature fantasy moderne. Sauf qu’en réalité, ce n’est pas ce genre de ficelles qui m’intéressent le plus à exploiter. Avec Incarnae, je voudrais montrer qu’on peut écrire de la fantasy intéressante sans utiliser les ressorts classiques du genre. Les élus de la destinée, les grands méchants qui veulent dominer le monde, la magie qui marche parce que « ta gueule c’est magique », etc. Même si tous ces tropes peuvent être utilisés intelligemment, ils me paraissent dépassés depuis longtemps. Ce qui me gêne, c’est que ces récits montrent trop souvent des héros extraordinaires vivant des aventures extraordinaires dans un monde extraordinaire, plutôt que de montrer le quotidien de citoyens ordinaires au sein d’un monde extraordinaire. C’est pour ça que l’histoire du deuxième tome tranche si radicalement avec celle du premier : je voulais casser la sensation de « déjà lu » que laisse trop de récits fantasy, montrer que l’ordinaire d’un monde extraordinaire est bien suffisant pour faire voyager et surtout réfléchir les lecteurs. Les personnages, avant d’être les acteurs principaux de l’histoire, sont avant tout des gens comme vous et moi, qui ont eu leur part de joies et de souffrance dans la vie et qui tentent de s’adapter à une société pleine de nuances.
J’ai encore un tas d’idées pour évoluer, je compte même exploiter des thématiques parfois très contre-intuitives dans les récits fantasy (le rapport au virtuel, à la technologie et la science, les fausses informations, l’industrialisation, le capitalisme, les sexualités alternatives, les politiques collectivistes et d’autres encore). Incarnae est le miroir des idées que j’ai assimilées au cours de ma vie, il me parait donc logique de parler de sujets de société modernes, même si c’est fait au travers d’un univers fantasy.
Travailles-tu seul ou en équipe ?
Seul, même si le soutien de mes proches est si essentiel que je pourrais presque dire que nous travaillons ensemble. Après, c’est souvent problématique pour moi de travailler seul. Déjà parce que ce n’est pas toujours simple de trouver le feu sacré pour m’y mettre, mais surtout parce que je dois constamment jongler entre l’écriture, le dessin, la vente des livres et la promotion. J’avoue que j’aimerais beaucoup trouver quelqu’un qui ait envie de m’aider pour la communication (je suis un très mauvais élève à ce sujet), même si je sais que je ne suis pas assez autonome financièrement pour l’assumer.
Pourquoi l’auto-édition ?
Pour plusieurs raisons plus ou moins rationnelles. D’une part, je n’aime pas beaucoup la manière dont le système éditorial moderne s’articule, même s’il a des avantages. Les maisons d’édition ont souvent tendance à prendre le moins de risques possible et deviennent de plus en plus prudentes lorsqu’il s’agit de sortir de nouvelles séries. Ensuite, j’ai très peur de perdre la possession de ce que j’écris, peur que les éditeurs me disent « ne fait pas ça, ce n’est pas vendeur/pas adapté au public visé/trop ceci/pas assez cela ». Ce n’est pas que je refuse la critique (loin de là) ou que je n’accepte pas la réalité économique qui est la leur. C’est juste que je sais ce sur quoi j’ai envie d’écrire et que je n’aime pas beaucoup ce genre d’analyses. Elles ont tendance à tuer les élans artistiques dans l’œuf pour privilégier ce qui se vend. Au final, j’imagine que c’est surtout pour une question de contrôle sur ce que je produis que j’ai fait ce choix. Même si, soyons honnêtes, ce n’est pas la voie qui me permettra d’être lu par un maximum de gens.
Tu dessines et écris toi-même tes livres, combien de temps prends-tu pour en éditer un ?
Vu que j’ai opéré des longues améliorations sur le 1er tome (et que j’ai pas mal retravaillé le 2e suite aux changements du 1), c’est un peu difficile à dire de façon précise. Je me donne pour objectif de sortir un livre par an à raison d’un horaire de mi-temps environ. Même si je pense que ce sera un défi de garder un tel rythme étant donné que je compte ajouter plus d’illustrations et des pages de BD dans la suite de l’histoire.
Comment tu t’y prends pour dessiner des personnages que tu imagines ?
Beaucoup de gens se font des idées fausses sur le travail de dessinateur. Au final, le temps passé à réaliser une illustration consiste essentiellement à réfléchir à comment on va dessiner plutôt qu’à effectivement dessiner. Grâce aux outils numériques modernes, le travail de dessin réel est grandement facilité, mais la réflexion en amont demande toujours autant de temps. Pour ce qui est des personnages de l’histoire en eux-mêmes, j’essaye de toujours suivre une règle majeure du charadesign : un bon personnage est reconnaissable entre mille, même de loin et sans les détails. Il faut donc que chacun d’eux ait des traits physiques ou vestimentaires uniques (comme le sarouel et les lunettes de Malika ou le poncho de Dieritz par exemple).
Aimes-tu pouvoir parler de ton univers avec tes lecteurs ?
Évidemment ! Il n’y a rien de plus gratifiant pour moi que de discuter avec des lecteurs qui aiment mon travail et qui se posent des questions dessus. Même si je n’aime réellement en parler qu’en direct. Sur le net, le public est tellement stimulé par tout et tout le monde que la meilleure stratégie pour promouvoir son projet est d’y aller au forcing permanent. Je n’aime pas faire cela, je ne me sens pas respectueux des gens et de leurs goûts. J’aimerais être reconnu pour la qualité de mon travail plutôt que pour ma capacité à constamment parler de tout et de rien, surtout de rien. Mais encore une fois, je ne me facilite pas les choses, car cela fait de moi un mauvais élève en matière de promotion réelle.
Comment peut-on avoir un aperçu de ton travail et te contacter pour commander ta série ?
Mon site internet www.projet-incarnae.com est encore fonctionnel, mais je suis en train de le refondre intégralement. Pour l’instant, il sert surtout de point de contact plus que de sources d’informations. Vous pouvez voir la plupart de mes dessins sur https://mu8.artstation.com/. J’ai également une page facebook https://www.facebook.com/incarnae.officiel, un instagram @incarnae et un mail (projet.incarnae@gmail.com). Même si je poste peu de contenu quotidien sur les réseaux sociaux, je me ferai un plaisir de répondre à toutes les questions.
Je propose chaque tome pour le prix de 15€ (+5€ de frais de port en cas de livraison). Le premier fait 240 pages (environ 3h15 de lecture) et le second fait 328 pages (environ 4h30 de lecture). Et si vous voulez avoir un aperçu de ma série, sachez que je peux vous en envoyer les deux premiers chapitres gratuitement !

